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Eric Straumann tient une permanence :
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Dossiers nationaux

Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 11:17

http://givernews.com/images/ble.jpgLe monde connaît une crise agricole aux multiples visages qui menace notre sécurité alimentaire dans les années à venir.


Les défis agricoles s’accumulent : selon la FAO,l'organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture, il faudra augmenter notre production agricole de 70% d'ici 2050 pour nourrir 9 milliards d'habitants, dans une planète malmenée par des pollutions et des pénuries d'eau. Or, aujourd’hui, la problématique de la faim dans le monde n’a jamais été aussi inquiétante : 1,02 milliards de personnes souffrent de sous-alimentation et près de 40.000 personnes meurent de faim tous les jours. C'est quasiment comme si une ville de taille moyenne mourrait chaque jour de faim...


Parallèlement à cette crise de la faim, des pays comme la Chine, le Japon, les pays du Golfe sécurisent l'approvisionnement de leur population en achetant par centaines de milliers d'hectares des terres arables notamment en Afrique et en Asie Centrale. Cette course à la terre fertile montre que l’agriculture est devenue un vrai enjeu géopolitique !


Enfin, dans ce contexte difficile, la France connaît une crise agricole majeure, sans doute la pire depuis les 30 dernières années : les revenus des agriculteurs français ont ainsi chuté de 34% en 2009 après avoir baissé de 20% en 2008.

 

Comment explique-t-on cette crise sans précédent ?

 

L’agriculture a longtemps été exclusivement gérée par la seule loi du marché. Or la loi de l'offre et de la demande ne peut pas régir seule un secteur aussi vital que celui de l'alimentation sans générer, au gré des saisons, des pénuries intolérables et des surplus gâchés. Les fruits de la terre ne sont pas des biens comme les autres.


Ainsi, pour satisfaire la loi d’un marché agricole mondialisé qui pousse à la spécialisation dans la production, beaucoup de pays en voie de développement, notamment en Afrique, ont sacrifié leurs cultures vivrières, qui assuraient leur autosuffisance alimentaire, pour se consacrer à la monoculture (café, banane, cacao…). Ce mouvement les a placés dans une situation de grande dépendance : leur capacité à nourrir leur population est soumise aux aléas des prix agricoles fixés par les marchés internationaux. Parallèlement, l’indépendance alimentaire de ces pays a été fragilisée par l’insuffisance des investissements dans la modernisation de l’agriculture et par le rachat des terres arables par d’autres Etats ou par des grandes firmes étrangères.


Nulle question de pénurie en Europe, plutôt de mauvaise gestion de l’abondance. La concurrence acharnée sur les marchés européens ruine le secteur agricole en écrasant les prix… Au point que bien des terres arables en France sont laissées en jachère pour créer artificiellement une pénurie qui ferait remonter les cours agricoles.

On en arrive ainsi à un incroyable gâchis : des populations affamées au Sud et des agriculteurs ruinés au Nord !

 

Quelles sont les solutions pour assurer notre sécurité alimentaire tout en luttant contre la faim dans le monde ?

 

Pour répondre à ces défis, les députés UMP ont lancé un groupe de travail sur la sécurité et l’indépendance alimentaire animé par Christian Jacob, Pierre Lequiller et Patrick Ollier. Ce groupe a tenu des Assises le jeudi 21 janvier 2010 à l’Assemblée nationale autour notamment de grands témoins comme Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, Bruno Le Maire, Ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, Jean-Luc Demarty, Directeur Général de l’Agriculture et du Développement rural à la Commission européenne.


Des ces assises ressortent une conclusion fondamentale : pour assurer notre sécurité alimentaire, il faut réguler l’agriculture au niveau européen, mondial et français.


1. Il faut une politique agricole commune ambitieuse et modernisée en Europe. La réforme de la PAC de 2013 se prépare aujourd’hui. Nous devons arriver à convaincre nos partenaires qu'en défendant la PAC, nous ne défendons pas notre intérêt de pays agricole: nous défendons leurs intérêts de consommateurs! La PAC, c’est 100 euros par Européen et par an. Nous devons arriver à faire comprendre que 100 euros par an, moins de 30 centimes par jour, ce n’est pas de l’eau versé dans un tonneau troué, c'est le prix de la sécurité, de la diversité et de la qualité de notre alimentation !


Nous devons affermir et moderniser le principe fondateur de la PAC : la préférence communautaire. Il ne s'agit pas de faire de l'Europe une forteresse mais nous avons le devoir de protéger le marché européen des variations brutales des cours mondiaux et des importations à bas prix qui ne respectent aucune contrainte sanitaire, sociale et environnementale. Si nos prix sont élevés en dépit de notre productivité importante, c'est parce que nos agriculteurs ont des cahiers des charges très lourds à respecter, en matière de traçabilité, de santé animale, de limitation des pratiques polluantes... Nos partenaires commerciaux sont loin d’avoir les mêmes exigences ! Voilà pourquoi une taxe carbone aux frontières de l’Europe aurait par exemple du sens. Cela ne veut pas dire que nous devons nous replier sur nous-mêmes et ignorer les contraintes des autres pays du monde, particulièrement des régions les moins développées.


2. Il faut mettre en place nouveaux outils de régulation à l'échelle mondiale ! Il est temps d’inventer une gouvernance agricole des grandes régions mondiales. Cette organisation prendrait en charge les grandes orientations régionales, la gestion des stocks et superviserait la fixation pour chaque grande région agricole de prix d’équilibre, qui pourrait fluctuer dans une fourchette variable, comme le serpent monétaire européen…


Les marchés agricoles mondiaux doivent aussi substituer la notion de coopération et de partenariat à celle de concurrence aveugle. Ce partenariat devrait reposer sur deux impératifs incontournables :

  • - la justice : chaque grande région doit être capable de se nourrir et d'exporter, sans menacer les agricultures des autres ensembles,

  • - l’environnement : le respect de la planète ne peut plus être une clause accessoire !


Les efforts dans l’aide au développement doivent se porter en priorité sur le volet agricole. Nous devons accompagner la création de filières agricoles intégrées dans les pays les moins développés et accélérer les transferts de technologie vers les agricultures les moins productives.


Ne nous voilons pas la face, c’est aussi une manière de contribuer à une meilleure maîtrise des flux migratoires internationaux ! Si nous voulons que les populations locales se fixent sur leur territoire, il faut au moins qu’elles puissent manger et boire. La faim est un des meilleurs alliés de l’immigration clandestine… Pas forcément entre le Sud et le Nord mais entre les pays du Sud eux-mêmes, avec des risques de déstabilisation dramatiques pour les régimes les plus fragiles !


3. A l’échelle française, il faut continuer d’investir et de moderniser notre agriculture ! En France, dans nos régions, il faut encore et sans cesse poursuivre l’effort de modernisation de notre agriculture. A travers le projet de loi de modernisation agricole, nous allons donner un signal fort ! Il est possible d’agir concrètement pour améliorer la situation de nos agriculteurs et pour rééquilibrer les relations entre les différents acteurs au sein des filières agricoles, notamment :

  • - en systématisant les contrats écrits, précisant les volumes échangés et les prix sur des durées longues,

  • - en améliorant les instruments de couverture des risques, qui protègent les producteurs contre les aléas du marché,

  • - en développant des politiques publiques de l’alimentation, qui donne la part belle aux productions agricoles locales

  • - en protégeant mieux les terres agricoles contre les spéculations immobilières pour ne pas sacrifier l’avenir de notre alimentation aux caprices du présent !

C’est bien en jouant sur les trois niveaux de gouvernance, mondial, européen et français, que nous pourrons réguler l’agriculture et assurer notre indépendance alimentaire tout en relevant le défi d’augmenter de 70% de la production agricole d'ici 2050, dans le respect des équilibres environnementaux, pour nourrir 9 milliards d'habitants sur la planète !


Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 11:41
http://www.ote-ingenierie.com/medias/images/HD68_1.jpgConcomitance des renouvellements des conseils généraux et des conseils régionaux : la  position d'Eric Straumann

Assemblée nationale - Extraits de la deuxième séance publique du mardi 19 janvier 2010

M. Éric Straumann :
Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, ce projet de loi prévoit de réduire de moitié la durée du mandat des conseillers généraux élus en 2011, lequel est donc ramené à trois ans. Il prévoit également de réduire de deux ans la durée du mandat des conseillers régionaux élus en 2010, afin qu’il expire en mars 2014.

La jurisprudence du Conseil constitutionnel impose en effet, au nom du principe de sincérité du scrutin, que les électeurs soient informés avant le début des opérations électorales des caractéristiques principales de l’élection, en particulier de la durée des mandats qu’ils confient à leurs élus.


Ce projet permet d’abord de mettre un terme au renouvellement par moitié des conseillers généraux, dénoncé par les associations d’élus. Il s’agit à mes yeux d’un aspect très important.


Le renouvellement triennal des conseils généraux n’est plus adapté aux lourdes compétences qu’assument aujourd’hui les départements. En effet, le président du conseil général détient désormais un véritable pouvoir exécutif, déterminant à l’échelle du département. Il faut donc lui donner les moyens d’assurer la continuité de l’action publique sur son territoire. Or une durée de trois ans me semble trop brève pour permettre à une majorité de mener à bien son programme. Du reste, ce renouvellement par moitié contribue à l’absence de lisibilité des programmes des candidats lors des campagnes électorales cantonales.


Il est également essentiel de donner une stabilité aux conseils généraux, responsables de la conduite de politiques publiques de proximité, notamment en matière d’infrastructures routières, de construction des collèges et de soutien aux projets structurants des collectivités locales. Or trois ans ne suffisent pas à un président pour mener une action susceptible d’être jugée par les électeurs : il est difficile de présenter un bilan à l’issue d’une si courte période.


On reproche souvent aux entreprises privées de rechercher le profit immédiat, mais l’action publique ne peut elle-même s’inscrire que dans une certaine durée et son efficacité ne peut être appréciée qu’au terme d’un délai minimal. Ce texte donnera donc au président du conseil général le temps d’assumer ses engagements et d’appliquer le programme en vue duquel il a été élu.


Nous le savons tous, ce projet constitue également le préalable à la création des conseillers territoriaux, prévue par le projet de réforme des collectivités territoriales dont la discussion s’est aujourd’hui ouverte en séance publique au Sénat. Le conseiller territorial siégera dans les assemblées délibérantes des départements et des régions. Pivot du couple formé par le département et la région, il aura vocation à permettre une articulation satisfaisante des compétences entre ces deux collectivités. Il contribuera à clarifier et à simplifier les structures locales, afin de mieux coordonner les politiques publiques.


Nous avons eu en Alsace, comme ailleurs, un grand débat sur le rapprochement, voire la fusion, entre les deux collectivités – en l’occurrence, entre les deux départements du Rhin et de la région.


Il en ressort qu’aujourd’hui les acteurs publics et l’opinion ne sont pas prêts à remettre en cause la dualité des conseils généraux et régional. Même si elle germe dans les esprits, l’idée d’une fusion n’est pas encore mûre. Chaque collectivité devra donc conserver dans un premier temps son appellation et son mode de fonctionnement.


Toutefois, comme l’a indiqué le rapport Balladur, « le rapprochement organique des assemblées délibérantes devrait permettre de limiter les interventions concurrentes des départements et des régions sur un même projet et un même territoire ». Il correspond à une demande formulée avec force par nos concitoyens, qui ne comprennent plus le rôle des différentes collectivités : on ne sait plus qui fait quoi, qui donne l’ordre, qui conduit une opération, qui est responsable. Les Français souhaitent dans leur grande majorité que notre organisation administrative soit simplifiée. Au cours des réunions publiques que j’ai animées à ce sujet, notamment avec Dominique Perben, notre rapporteur, nous avons entendu nos concitoyens appeler ardemment de leurs vœux cette réforme.


Celle-ci sera difficile, parce qu’elle se heurtera aux inévitables immobilismes qui se ligueront probablement contre elle. Mais cette réforme indispensable sera sans doute l’une des plus importantes de notre législature.


Si ce projet de loi de concomitance n’est pas adopté, il sera en pratique impossible d’instituer les conseillers territoriaux en mars 2014.


Sans préjuger des décisions ultérieures de notre assemblée, nous nous priverions ainsi des marges de manœuvre dont nous disposons pour fixer, conformément à l’article 34 de la Constitution, le régime électoral des assemblées locales.


Ce projet de loi, souhaité par une grande majorité de nos concitoyens, constitue une première étape importante de la modernisation de notre vie publique locale. Je me prononcerai donc évidemment pour ce texte, qui n’engage pas l’avenir, mais le permet. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

 

 

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 11:21

4077821924_5e4a2a2869.jpgLa médiation du crédit, lancée fin octobre 2008 par le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, a permis de soutenir 8 520 entreprises ; de débloquer 1,77 milliard d’euros de crédits et de préserver 166 488 emplois (au 2 décembre 2009). La médiation a permis à de très nombreuses entreprises d’affronter la crise, notamment des PME qui représentent 95 % des demandes. 1 000 dossiers par mois sont réglés, avec un taux de succès de 64 %.


Deux objectifs majeurs sont visés pour 2010 : aider les entreprises à trouver des financements à court et long termes et accompagner les entreprises en leur permettant de préparer la reprise.


Afin d’atteindre ces objectifs, la coopération avec le Fonds stratégique d’investissement, la Banque de France et Oséo   se doit d’être renforcée.


En outre, un groupe de travail avec les très grands groupes a été institué dans le but de rédiger un code de bonne conduite dont les règles pourront être appliquées par toute entreprise.


Le Premier Ministre, M. François Fillon, a annoncé la mise en place de l’entreprise à « patrimoine affecté » (EPA) dont l’entrée en vigueur de ce nouveau régime est prévue au 1er janvier 2011.


Cette réforme, destinée à protéger le patrimoine privé des petits entrepreneurs en cas de faillite, les autorise à séparer leur patrimoine personnel (dit « non affecté ») de leur patrimoine professionnel (dit « affecté »). Les biens professionnels seront ainsi la garantie des créanciers, la responsabilité des entrepreneurs, quant à elle, étant limitée à l’actif dédié à l’entreprise.


Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 10:20
La France a sacrifié l’emploi des seniors pour de mauvaises raisons
  • - notre pays s'est habitué à voir ses salariés les plus expérimentés quitter précocement le marché de l'emploi, dans l’illusion que le partage du travail favoriserait la réduction du chômage,
  • - résultat, alors que l'agenda de Lisbonne fixait un objectif de 50 % pour le taux d'emploi des personnes de 55 ans et plus à l’horizon 2010, il est d'à peine 38 % en France, contre 46 % en Europe et jusqu'à 70 % en Suède,
  • - en France, où l'espérance de vie à 60 ans est de 22 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes et progresse de deux mois chaque année, l’écart grandissant entre la durée de la vie et la durée de l'activité professionnelle menace, à terme, l'équilibre de nos modèles de solidarité intergénérationnelle. C’est en effet notre système de protection sociale (en particulier nos régimes de retraite) qui doit assumer le coût collectif de ce renoncement.

Le développement de l’emploi des seniors fait désormais consensus dans notre pays

- disqualifier les salariés au seul motif de leur âge n’est conforme ni à l’intérêt des salariés concernés, ni celui des entreprises qui se privent de compétences précieuses, ni enfin à celui de notre système de protection sociale. En outre cela met à mal la valeur travail sur laquelle nous voulons fonder l’équilibre de notre cohésion sociale,

  • - les Français veulent pouvoir être libres d'aller jusqu'au bout de leurs ambitions et de leurs projets tout en aménageant leur rythme de travail lorsqu'ils arrivent au terme de leur vie professionnelle,

  • - avec le vieillissement de la population, c’est donc aussi l’image que nous avons des plus âgés d’entre nous que nous devons faire évoluer.

Les mesures déjà adoptées par le Gouvernement pour favoriser l’emploi des seniors conformément à la volonté du Président de la République sont un succès :
  • - l’amélioration du taux de la surcote, portée à 5 % pour les années accomplies au-delà de 60 ans et du taux plein : rien que pour le premier trimestre 2009, le taux de recours à la surcote atteint 12,5 %, soit une hausse de près de 50 % par rapport à l’année précédente,

  • - la libéralisation totale du cumul emploi-retraite pour les salariés âgés de plus de 60 ans et bénéficiant du taux plein ou âgés de plus de 65 ans : cette mesure répond à un vrai besoin, celui d’adoucir la transition entre un emploi à temps plein et la retraite,

  • - la suppression des « clauses-couperet » dans les régimes spéciaux, qui interdisaient aux salariés de poursuivre le travail après un âge donné : à la SNCF, on observe dès cette année que 28 % des cheminots atteignant leur limite d’âge choisissent de poursuivre leur activité,

  • - le report à 70 ans de l’âge des mises à la retraite d’office,

  • - la réforme des limites d’âge dans la fonction publique (les limites inférieures à 65 ans ont été supprimées) et dans certaines professions (notamment les personnels navigants de l’aviation civile),

  • - la suppression programmée de la dispense de recherche d’emploi, véritable trappe à inactivité qui guettait les salariés les plus âgés en leur donnant le chômage pour perspective et la retraite pour tout horizon,

  • - l’extinction des préretraites d’entreprise, désormais soumises à une taxe de 50 % à la charge de l’employeur .

Le Ministre du Travail, Xavier Darcos, et le Secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, poursuivent cette politique en incitant les entreprises à prendre leurs responsabilités
  • - sans la mobilisation des entreprises, les seniors continueront à être les premiers à devoir subir le chômage et le sous-emploi, particulièrement en ce contexte de crise,

  • - c’est pourquoi la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 fait obligation aux entreprises de plus de 50 salariés d’être couvertes, à partir du 1er janvier 2010, par un accord de branche ou d’entreprise, ou un plan d’action, relatif à l’emploi des seniors. En cas de manquement à cette obligation, une pénalité de 1 % de la masse salariale sera prévue,

  • - les entreprises sont libres de définir la solution qui leur paraît la mieux adaptée à leur situation. Cela passe par la définition entre partenaires sociaux d’une vision de long terme de la place des seniors dans l’entreprise qui va bien au-delà du seul recrutement : adaptation des postes, formation tout au long de la vie, la transition entre l’activité professionnelle et la retraite, prévention de la pénibilité, etc,

  • - les entreprises sont accompagnées par les services des directions du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle du ministère du Travail et du Secrétariat d’Etat à l’emploi pour élaborer ces accords,

  • - cette stratégie fonctionne. Pour la première fois dans notre pays, un vrai mouvement s’est engagé. Dès à présent, au moins 63 branches, qui regroupent près de 10 millions de salariés, sont en cours de négociation. 1000 entreprises ont déjà déposé leurs accords, ainsi que 8 branches, parmi lesquelles les services de l’automobile, le matériel agricole, les vins et spiritueux, les sociétés HLM et les industries charcutières et traiteurs,

  • - la responsabilité des pouvoirs publics, des partenaires sociaux et des entreprises n'est pas seulement d'enrayer la progression du chômage, mais aussi de préparer le monde du travail de l'après-crise : dans ce monde-là, les seniors doivent pouvoir retrouver toute leur place. Il en va de notre conception du travail comme fondement de la solidarité et du progrès social dans notre pays.
Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 11:06

Nous nous attendons à un déficit de 23.5 milliards en 2009 et entre 30 et 31 milliards d’euros en 2010.


Avant la crise, notre pays était bien engagé sur la voie de la résorption du trou de l’assurance maladie : depuis 2007, il est passé de 8 à 4,5 milliards d’euros.


Mais nous sommes dans une récession grave avec une dépression économique comme on n’en a jamais vue.


Tout cela pèse sur nos comptes sociaux : l’effondrement des recettes a engendré l’augmentation du déficit. La masse salariale a chuté cette année de 2 %, alors qu’elle avait progressée de 4.1 % par an entre 1998 et 2007 : cet écart représente 12 milliards de manque à gagner pour la Sécurité sociale !


La perte des recettes fiscales et le plan de relance qui grèvent le budget, sont deux tranches du déficit qui sont liées à la crise ! Aussi sont-elles par nature occasionnelles et destinées comme telles à disparaître progressivement avec la cause qui leur a donné naissance.


► Quelles sont les mesures qui seront prises pour réduire les dépenses ?


Ne nous leurrons pas, la réduction du déficit sera lente… Malgré la hausse prévue de la masse salariale de 5% et une augmentation limitée des dépenses de la Sécurité sociale à 4% dans l’après-crise, l’importance du déficit ne se résoudra pas rapidement.


Nous devons ainsi poursuivre les réformes structurelles afin de pallier une maîtrise des dépenses qui sera insuffisante :
  • - la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et territoires  (HPST) permettra l’augmentation de la productivité de l’hôpital en modernisant les établissements de santé, grâce notamment au renforcement des pouvoirs du directeur,  la création  de communautés hospitalières de territoire (CHT) afin d’organiser l’offre de soins de manière plus cohérente et plus efficiente, le renforcement de l’attractivité de l’hôpital public,

  • - les Affections de Longue Durée (ALD), qui touchent 7 millions d'assurés, sont prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Elles représentent 65% des dépenses d’assurance maladie ! Nous devons ainsi gérer plus activement ce système en ne prenant plus en charge à 100 % les patients qui sont totalement guéris,

  • - des actions sont engagées avec les caisses d’assurance maladie pour juguler la progression des indemnités journalières : 13 % des arrêts de courte durée contrôlés s’avèrent injustifiés,
  • - le rendez-vous des retraites prévu en 2010 permettra de prendre connaissance des dépenses engendrées par un vieillissement de la population.

► Comment la dette sera-t-elle financée ?

L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), la « banque » de la Sécurité sociale, financera les déficits accumulés par la Sécurité sociale en 2009 et 2010, puisque la dette ne sera pas transférée à la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), chargée de financer la dette sociale passée.

La Caisse des dépôts et consignations (CDC) va ainsi octroyer une autorisation de découvert à la banque de la Sécurité sociale jusqu'à 25 milliards d'euros et éventuellement, sous réserve de négociations, jusqu'à 31 milliards. En outre, l’Etat prévoira, dans la loi de finances rectificative pour 2009, des crédits pour faire  grandement diminuer la dette en dessous de son niveau de fin 2008.

En aucun cas, afin de financer la dette, nous n’augmenterons les prélèvements obligatoires ! La CSG et la CRDS ne sortiront donc pas du bouclier fiscal, qui est une mesure d’équité et d’efficacité économique !

 

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 11:47

Le président de la République a présenté, le 13 octobre, les grandes lignes de la réforme du lycée qui devra entrer en vigueur à la rentrée scolaire 2010-2011. Il a affirmé sa volonté de faire évoluer le lycée dans le but de conduire 66 % d’une génération au baccalauréat (contre 60 % aujourd’hui). Pour mémoire, 35 000 jeunes quittent aujourd’hui le lycée sans le bac et 80 000 bacheliers sortent de l’enseignement supérieur sans diplôme.

L’essentiel des orientations retenues dans cette réforme sont issues du rapport rendu par M. Richard DESCOINGS, directeur de Sciences-Po. La réforme du lycée telle que présentée par le Président de la République s’articule autour de six grandes orientations :

  • - une réforme de l’orientation, reconnaissant à chaque élève un droit à l’erreur, visant à éviter les redoublements et permettre aux élèves mal orientés de changer de filière en cours d’année, grâce à un stage de remise à niveau ;

  • - la revalorisation des séries technologiques et littéraires, afin de mettre fin à la hiérarchisation implicite existant actuellement entre les différentes filières. Il s’agit notamment de revaloriser la filière littéraire (L) pour en faire « une véritable série internationale » avec un accent mis sur l’apprentissage des langues étrangères ; 

  • - l’extension du soutien scolaire personnalisé, déjà en place en primaire et au collège, à raison de deux heures hebdomadaires. Cette mesure sera appliquée aux élèves de seconde en 2010, à ceux de première en 2011 et à ceux de terminale en 2012 ; 

  • - un plan d’urgence pour les langues étrangères, avec l’objectif que chaque lycéen devienne au moins bilingue à sa sortie du lycée. Cette mesure passe notamment par le développement de l’enseignement en langues étrangères de certaines disciplines fondamentales (l’histoire, les sciences ou l’éducation physique) ;

  • - le développement de l’enseignement culturel et artistique avec la création d’un enseignement transversal d’histoire des arts.

 

Enfin, le président souhaite que le lycée devienne le lieu de la conquête de l’autonomie, encouragée par la reconnaissance de l’implication des lèves dans la vie associative, l’abaissement de l’âge légal de la responsabilité associative de 18 à 16 ans et le fait de déléguer certaines compétences relatives à la vie scolaire aux lycéens (restauration scolaire, aide sociale, aménagement des espaces …).


Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 09:18

Catherine Troendlé, Sénateur et Présidente de l'UMP du Haut-Rhin et Eric Straumann, député et Secrétaire Départemental du mouvement pour le Haut-Rhin ont été reçus ce mercredi 30 septembre 2009 par le Ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, en présence notamment de Xavier Bertrand.


Le Ministre a rappelé la volonté de réforme des collectivités locales, car le statut quo n'est plus possible. 83 % des français estiment que notre organisation administrative est trop compliquée et la réforme du mode d'organisation des différentes collectivités locales est nécessaire, pour mettre un terme l'empilement des structures administratives. Il a rappelé le souhait de créer la fonction de Conseiller Territorial qui remplacera les Conseillers Généraux et Régionaux, ce qui se traduira par la division par deux du nombre d'élus, qui passera de 6 000 à 3 000.


La réforme qui nous attend est majeure. Inévitablement, elle dérange. Elle dérange parce qu'elle bouscule. Ceux qui veulent faire bouger les choses la considèrent comme une évidence.


Concrètement, la première  élection du Conseiller Territorial n'interviendra pas durant ce mandat présidentiel, mais en 2014. Le mandat des Conseillers Régionaux élus en mars 2010 passera de 6 à 4 ans, et le mandat des Conseillers Généraux de 6 à 3 ans. Pour les électeurs, les choses seront simples, cohérentes et transparentes.

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 15:50
C’est avec la plus grande attention que j’ai pris connaissance des nombreuses "cartes-pétition" qui visaient à appeler mon attention sur les articles 46 et 48 du projet de loi pénitentiaire, qui vient d'être adopté par l'Assemblée.

La prévention de la récidive est en effet l’un des objectifs de ce projet de loi. L’aménagement de peine s’inscrit ainsi dans cette perspective en proposant des alternatives à l’emprisonnement, ce qui favorise une réhabilitation à la fois efficace et durable au sein de la société.

Les statistiques sur la récidive démontrent qu’un condamné bénéficiant d’un aménagement de sa fin de peine présente un plus faible risque de récidive qu’un condamné n’en bénéficiant pas, en raison du suivi effectué qui permet une réinsertion progressive et encadrée de cette personne. Même si les aménagements de peine se sont fortement accrus depuis trois ans, une marge importante de progression demeure. Le présent projet de loi propose donc une amélioration du système d'aménagements des peines actuellement en vigueur. C’est dans cette optique que l’article 46 du projet de loi étend les possibilités d'aménagements des peines par le juge d’application des peines, en matière de fractionnement, de placement à l'extérieur, de semi-liberté et de surveillance électronique, en permettant que ces mesures soient prononcées pour les peines d'emprisonnement inférieures ou égales à deux ans, et non plus à un an, comme cela a été prévu pour les aménagements prononcés par les juridictions de jugement. Quant à l’article 48, il a pour objet de modifier les procédures particulières d’aménagement des peines applicables aux personnes condamnées qui ne sont pas encore incarcérées et à celles dont l’incarcération touche à sa fin.

Je tiens tout d’abord à préciser que ces mesures ne reviendraient pas à une remise en liberté totale et qu’elle ne serait en aucun cas automatique mais laissée à l’appréciation du juge au regard notamment de l’impératif de sécurité publique et des conditions de réinsertion de la personne. Les aménagements de peine ne sont donc ni obligatoires ni automatiques. Par ailleurs, lors de l’examen de ce projet de loi à l’Assemblée nationale, les députés UMP ont souhaité aller plus loin et assortir l’évolution de notre droit de plusieurs garanties. Parmi celles-ci, et sur la proposition du rapporteur du texte Jean-Paul GARRAUD, l’Assemblée nationale a décidé d’exclure les récidivistes de l'extension à deux ans des peines aménageables. Cette précaution est cohérente avec notre politique pénale : je rappelle que la loi du 10 août 2007 sur la récidive des majeurs et des mineurs a fait de la peine d'emprisonnement un principe en matière de récidive, alors que les autres textes, notamment celui-ci, posent l’emprisonnement comme une exception. Dans le même esprit, les mesures d’aménagement des peines en faveur de personnes détenues pour des infractions violentes ou de nature sexuelles ne pourront être prononcées qu’après que des expertises psychiatriques préalables se soient portées spécialement sur le risque de récidive du condamné.

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 07:37
J'ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne du site de ma collègue sénatrice, Fabienne Keller, http://www.oserlataxecarbone.fr/

 

Ce site est destiné à permettre à chacun de se faire une opinion et à enrichir le débat sur une question sensible qui nous concerne tous.
J'espère qu'il retiendra votre attention, alors que les arbitrages de l'exécutif sur la taxe carbone sont sur le point d'être présentés aux français. Bonne visite !
Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 08:56

1. Des nouvelles règles opérationnelles et précises


- les comités des rémunérations seront désormais saisis et se prononceront sur les politiques de rémunérations des opérateurs de marché,
  • - les éléments qui doivent faire l’objet d’une publicité sont précisés : une annexe aux comptes annuels décrira le processus de décision, les modalités d’attribution des parts variables et notamment leur lien avec la performance et les risques, les modalités d’évaluation de la performance, des risques et de règlement des bonus, les montants versés au titre des rémunérations de la banque de financement et d’investissement et leur proportion par rapport aux revenus de la banque, et le montant de la part différée,
  • - les bonus garantis supérieurs à un an sont interdits,
  • - le versement des bonus des traders est étalé : en moyenne pas plus de 50 % des bonus sera payé en n+1, le solde sera étalé sur trois ans (n+2, n+3, n+4). Pour les bonus élevés, pas plus du tiers sera payé en n+1, le solde des 2/3 étant étalé sur trois ans,
  • - au moins 1/3 de la fraction différée du bonus devra être versé en titres : les titres devront être conservés en moyenne au moins deux ans,
  • - un système de malus est instauré : la partie différée du bonus ne sera payée qu’en fonction de critères liés aux résultats de la banque, de l’activité de banque de financement et d’investissement et des résultats de la ligne de métier sur la durée. A titre d’exemple, un trader fait gagner de l’argent à sa banque en année n, il reçoit 1/3 de son bonus en n + 1. Si en n+ 1, sa ligne de métier fait des pertes, alors la partie différée du bonus, soit les 2/3, n’est pas versée.

2. Des contrôles renforcés


La commission bancaire interviendra dans toutes les banques établies en France à partir du mois de septembre pour contrôler sur pièce et sur place l’application des règles internationales et nationales sur la rémunération des traders. Le résultat de ces investigations sera rendu public. Aucun Etat européen ou du G20 n’a lancé de telles investigations.


3. De nouvelles sanctions


L’Etat n’accordera plus de mandats aux banques qui n’appliqueront pas les règles internationales en matière de rémunération des traders.


4. Pour les banques aidées par l’Etat, un dispositif de contrôle accru


Une personnalité qualifiée sera chargée de contrôler les rémunérations des traders dans les banques qui ont reçu un soutien de l’Etat en fonds propres.

Il sera chargé de contrôler les grilles de rémunération des traders et les 100 rémunérations de traders les plus élevées. Il recevra l’ensemble des éléments et informations individuelles et collectives permettant de justifier les montants des rémunérations proposées. Il pourra demander toute information liée à cette grille qu’il juge utile pour pouvoir en évaluer la pertinence.

Son appréciation portera sur le respect des règles définies au niveau international et national et sur la compatibilité des politiques de rémunération avec les intérêts de l’Etat. Il disposera d’un pouvoir de recommandation sur les systèmes de rémunérations ou les versements individuels. Si ces recommandations ne sont pas suivies il pourra saisir la Commission bancaire et le Conseil d’Administration de l’établissement, et le cas échéant l’Assemblée Générale des actionnaires.

Avec l’ensemble des ces mesures, les banques françaises seront soumises à des règles plus contraignantes qu’aucun autre système dans le monde.


5. La France proposera aux pays du G20 une initiative internationale sur les bonus


Le sujet des bonus ne peut être traité par la France seule. Comme pour les paradis fiscaux, l’action la plus efficace sur le long terme est internationale. La France poussera le G20 à s’engager résolument dans la voie de la limitation des bonus.

Cette initiative comportera trois volets :
  • - la France proposera que l’ensemble des grandes places financières du G20 adoptent les règles de transparence, de gouvernance, de responsabilité qui sont désormais celles de la place de Paris,
  • - les pays du G20 doivent se mettre d’accord sur des sanctions renforcées pour ceux qui ne joueraient pas le jeu. La France propose que les Etats n’accordent plus de mandat aux banques qui ne respecteraient pas les règles internationales en matière de bonus,
  • - enfin, il faut aller au-delà, et limiter le montant des bonus. La France propose que le G20 examine plusieurs propositions : une limitation globale des bonus distribués en pourcentage des revenus des banques de financement et d’investissement ; une limitation des bonus les plus élevés ; la création dans toutes les places financières d’une taxe assise sur les bonus distribués dont le produit alimenterait les systèmes de garanties des dépôts, qui sont sollicités en cas de crise.

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Dossiers nationaux
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