(Photos DNA Franck Delhomme)
Les travaux de la future piste cyclable commencent fin juillet. La construction est financée par le conseil général du
Bas-Rhin et les VNF.
Dix années ont été nécessaires pour régler les différends financiers, juridiques et moraux concernant la création de la
piste cyclable le long du canal du Rhône-au-Rhin.
Les travaux concerneront la restauration du chemin de halage de la digue ouest du canal entre Friesenheim et Artzenheim.
Cette restauration permettra à la fois de faciliter l’exploitation, la surveillance et l’entretien du canal mais aussi de développer un itinéraire cyclable long de 25 kms.
Deux entreprises locales vont s’y attaquer dès le 31 juillet, une fois le processus de nidification des oiseaux terminé.
Les entreprises Vogel, de Scherwiller, et Burger, d’Erstein, assureront le chantier jusqu’au printemps 2011. Les 14,2 kms des 25 kms de la piste ainsi que la rénovation des ponts seront
financés par le conseil général. Le montant s’élève à 1,2 M d’ €. Les VNF (voies navigables de France) prennent en charge les 10,6 kms restant. Le financement revient à
1 M €.
Le premier défrichage de la berge ouest est effectué de janvier à mars 2009
L’autre côté de la berge restera sauvage afin de respecter l’activité des pêcheurs ainsi que la faune. Seulement un petit
chemin piétonnier sera tracé. Le conseil général veillera scrupuleusement à ce qu’aucun véhicule motorisé n’ait accès à la zone cyclable ou piétonne. Même les gros engins seront bannis du
chantier.
La route a été longue et périlleuse avant que ce projet n’aboutisse. En 2000, un contrat plan prévoit une mise en
circulation fluviale afin de développer le tourisme vert. Le projet est avorté par une loi d’août 2004 obligeant les VNF à transférer la compétence du tourisme et de la plaisance à la région.
Les VNF abandonnent les travaux pour une durée illimitée. Le canal restera à sec pendant 9 mois.
En juin 2007, la compétence du canal est transférée de l’Etat à la Région. Gérard Simler, conseiller général du Bas-Rhin,
écrit une lettre ouverte au président de la République, Nicolas Sarkozy, lors d’un conseil des ministres délocalisé à Strasbourg. Le projet est alors débloqué et pris en charge par le préfet,
Jean-Marc Rebière.
Le premier défrichage de la berge ouest est effectué de janvier à mars 2009. Mieux encore, en janvier 2010, André
Reichardt, président du conseil régional, affirme vouloir boucler le projet fluvial Etat-Région de remise en service du canal. Il s’y attaque avec l’aide de Guy Dominique Kennel, président du
conseil général du Bas-Rhin. La réalisation de la piste cyclable a demandé de la patience, beaucoup de négociations et d’échanges.
« La colonne vertébrale d’un réseau où chaque village pourra se
relier »
Le conseil général fait au mieux pour satisfaire les intérêts de tous : pêcheurs, chasseurs, ligue de protection des
oiseaux (LPO), éclusiers… Cette piste cyclable s’intègre au réseau cyclable européen, au « véloroute Rhin », mais c’est aussi « la colonne vertébrale d’un réseau où chaque
village pourra se relier ».
Le projet cyclable sert également le projet fluvial puisque la construction de la piste facilite l’accès pour
l’exploitation de la voie d’eau. Cela permettra de mécaniser, surveiller les écluses, le canal en général et de l’entretenir. Le projet fluvial, actuellement en pourparlers, pose quelques
problèmes. Le financement s’élève à 14,4 M € et sera pris en charge par la Région et les VNF. Le conseil général ne s’investit pas dans la gestion du canal. Néanmoins, il manquait
1M € au projet pour qu’il soit réalisable. Ce problème est vite résolu. Guy-Dominique Kennel et Charles Buttner, président du conseil général du
Haut-Rhin, ont donné leur accord pour verser ce million manquant. L’autre important problème est de savoir comment financer le fonctionnement du canal à l’année. Ce financement
revient à 1 M € par an.
La solution envisagée est de regrouper l’ensemble des communes : la CUS-Sud de Strasbourg, les cantons d’Erstein,
Marckolsheim, Colmar, du Ried… et de mettre en place un financement commun à hauteur de 60 centimes d’ euro par habitant, par an.
Des points d’animations sur les plus beaux sites du parcours sont en projet.
Ces deux trames -verte et bleue- offrent de nombreuses possibilités de développer le tourisme vert et d’animer la région.
Le trafic fluvial sur le canal du Rhône-au-Rhin représentera près de 5000 plaisanciers à l’année. Des itinéraires de découverte seront proposés et des points d’animations sur les plus beaux
sites du parcours sont en projet.
Un grand rêve assez ambitieux serait de pousser l’ouverture du canal jusqu’à Neuf-Brisach, puis Mulhouse afin de réaliser
la boucle du grand Est. Sur ce projet, Gérard Simler reste très prudent : « Je suis quelqu’un de pragmatique. Pour l’instant, il n’est question que de la réalisation de la piste
cyclable. C’est une énorme joie, un grand progrès. Pour le reste, on verra ».
DNA SELESTAT MARCKOLSHEIM 24/07/2010 Mathilde Cesbron