Vendredi 20 novembre 2009
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La France a sacrifié l’emploi des
seniors pour de mauvaises raisons
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- notre pays s'est habitué à voir ses salariés les plus expérimentés quitter précocement le marché de
l'emploi, dans l’illusion que le partage du travail favoriserait la réduction du chômage,
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- résultat, alors que l'agenda de Lisbonne fixait un objectif de 50 % pour le taux d'emploi des
personnes de 55 ans et plus à l’horizon 2010, il est d'à peine 38 % en France, contre 46 % en Europe et jusqu'à 70 % en Suède,
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- en France, où l'espérance de vie à 60 ans est de 22 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes et
progresse de deux mois chaque année, l’écart grandissant entre la durée de la vie et la durée de l'activité professionnelle menace, à terme, l'équilibre de nos modèles de solidarité
intergénérationnelle. C’est en effet notre système de protection sociale (en particulier nos régimes de retraite) qui doit assumer le coût collectif de ce renoncement.
Le développement de l’emploi des seniors fait désormais consensus dans notre pays
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disqualifier les salariés au seul motif de leur âge n’est conforme ni à l’intérêt des salariés concernés, ni celui des entreprises qui se privent de compétences précieuses, ni enfin à celui de
notre système de protection sociale. En outre cela met à mal la valeur travail sur laquelle nous voulons fonder l’équilibre de notre cohésion sociale,
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- les Français veulent pouvoir être libres d'aller jusqu'au bout de leurs ambitions et de leurs projets
tout en aménageant leur rythme de travail lorsqu'ils arrivent au terme de leur vie professionnelle,
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- avec le vieillissement de la population, c’est donc aussi l’image que nous avons des plus âgés d’entre
nous que nous devons faire évoluer.
Les mesures déjà adoptées par le
Gouvernement pour favoriser l’emploi des seniors conformément à la volonté du Président de la République sont un succès :
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- l’amélioration du taux de la surcote, portée à 5 % pour les années accomplies au-delà de 60 ans et du
taux plein : rien que pour le premier trimestre 2009, le taux de recours à la surcote atteint 12,5 %, soit une hausse de près de 50 % par rapport à l’année précédente,
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- la libéralisation totale du cumul emploi-retraite pour les salariés âgés de plus de 60 ans et bénéficiant
du taux plein ou âgés de plus de 65 ans : cette mesure répond à un vrai besoin, celui d’adoucir la transition entre un emploi à temps plein et la retraite,
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- la suppression des « clauses-couperet » dans les régimes spéciaux, qui interdisaient aux
salariés de poursuivre le travail après un âge donné : à la SNCF, on observe dès cette année que 28 % des cheminots atteignant leur limite d’âge choisissent de poursuivre leur
activité,
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- le report à 70 ans de l’âge des mises à la retraite d’office,
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- la réforme des limites d’âge dans la fonction publique (les limites inférieures à 65 ans ont été
supprimées) et dans certaines professions (notamment les personnels navigants de l’aviation civile),
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- la suppression programmée de la dispense de recherche d’emploi, véritable trappe à inactivité qui
guettait les salariés les plus âgés en leur donnant le chômage pour perspective et la retraite pour tout horizon,
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- l’extinction des préretraites d’entreprise, désormais soumises à une taxe de 50 % à la charge de
l’employeur .
Le Ministre du Travail, Xavier
Darcos, et le Secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, poursuivent cette politique en incitant les entreprises à prendre leurs responsabilités
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- sans la mobilisation des entreprises, les seniors continueront à être les premiers à devoir subir le
chômage et le sous-emploi, particulièrement en ce contexte de crise,
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- c’est pourquoi la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 fait obligation aux entreprises de
plus de 50 salariés d’être couvertes, à partir du 1er janvier 2010, par un accord de branche ou d’entreprise, ou un plan d’action, relatif à l’emploi des seniors. En cas de manquement à cette
obligation, une pénalité de 1 % de la masse salariale sera prévue,
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- les entreprises sont libres de définir la solution qui leur paraît la mieux adaptée à leur situation.
Cela passe par la définition entre partenaires sociaux d’une vision de long terme de la place des seniors dans l’entreprise qui va bien au-delà du seul recrutement : adaptation des
postes, formation tout au long de la vie, la transition entre l’activité professionnelle et la retraite, prévention de la pénibilité, etc,
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- les entreprises sont accompagnées par les services des directions du travail, de l'emploi et de la
formation professionnelle du ministère du Travail et du Secrétariat d’Etat à l’emploi pour élaborer ces accords,
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- cette stratégie fonctionne. Pour la première fois dans notre pays, un vrai mouvement s’est engagé. Dès à
présent, au moins 63 branches, qui regroupent près de 10 millions de salariés, sont en cours de négociation. 1000 entreprises ont déjà déposé leurs accords, ainsi que 8 branches, parmi
lesquelles les services de l’automobile, le matériel agricole, les vins et spiritueux, les sociétés HLM et les industries charcutières et traiteurs,
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- la responsabilité des pouvoirs publics, des partenaires sociaux et des entreprises n'est pas seulement
d'enrayer la progression du chômage, mais aussi de préparer le monde du travail de l'après-crise : dans ce monde-là, les seniors doivent pouvoir retrouver toute leur place. Il en va de
notre conception du travail comme fondement de la solidarité et du progrès social dans notre pays.
Par Eric STRAUMANN
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Publié dans : Dossiers nationaux
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