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Eric Straumann tient une permanence :
- en Mairie de Colmar (salle de Lattre de Tassigny - entrée rue des Clefs), chaque premier jeudi du mois de 10h00 à 11h00,
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 09:17
La stratégie

1. C’est la première fois depuis très longtemps qu’un président de la République consacre un programme à la jeunesse, à l’ensemble des jeunes,

2. ce programme concerne toutes les dimensions de la politique de la jeunesse : formation, orientation, ressources, citoyenneté, emploi, santé, logement,

3. ce programme concerne l’ensemble des jeunes dans leur diversité, mais en reconnaissant que la société dans son ensemble n’a pas donné toutes ses chances à la jeunesse,

4. ce programme combine des réformes audacieuses et en profondeur – de l’éducation, de l’orientation, de l’accompagnement, notamment – et des soutiens ciblés pour les situations les plus difficiles : les études, l’activité, la recherche d’emploi,

5. ce programme se fonde sur une très large concertation qui a abouti à des lignes de forces communes entre acteurs différents : des parlementaires de la majorité ( E. Courtial, C. Demuynck) et de l’opposition (M. Touraine ; V. Kles) ; l’ensemble des organisations patronales, l’ensemble des organisations syndicales, les associations de collectivités territoriales, les syndicats étudiants, les associations de jeunes ; les grandes associations sociales ; les acteurs de terrain, comme les missions locales, ont participé à la commission présidée par Martin HIRSCH et, après 170 heures de travail en commun se sont rejoint sur les propositions retenues par le Président de la République ; c’est la première fois qu’une telle démarche est suivie. Dans le passé, les mesures pour les jeunes ont été maladroitement imposées ou n’ont été que partielles : on pourra, pour la première fois, parler d’une « stratégie pour la jeunesse »,

6. cette stratégie repose sur les moyens d’aider les jeunes à accéder à l’autonomie en encourageant la formation et l’emploi, en levant les obstacles financiers pour y accéder,  en cherchant à augmenter le niveau de qualification et le taux d’emploi,

7. certaines mesures sont d’emblée généralisées, d’autres seront d’abord évaluées au travers de programmes expérimentaux évalués, pour tester ce qui est le plus efficace.


Les piliers de la stratégie

1. Un livret de compétence, qui complète le livret scolaire. Comme le carnet de santé, le livret de compétence accompagnera l’élève et pourra valoriser des compétences extra scolaires (investissement dans une association, un sport, une activité artistique, un engagement civique). Nul jeune ne peut être nul en tout. L’institution scolaire doit mieux détecter, reconnaître, valoriser les compétences, les talents et les aptitudes,

2. la mise en place d’un service public de l’orientation : l’orientation est pour les parents d’élèves le problème numéro 1. De nombreux acteurs conviennent qu’il faudrait réformer le système d’orientation. Ce chantier est enfin pris pour transformer de fond en comble l’orientation au niveau national –rapprochement des opérateurs,-  au niveau régional – plateformes – et au niveau local – accréditation des organismes habilités à participer au service public de l’orientation. Avec des missions précises : organisation des stages en milieu professionnel pour tous les élèves,  meilleure valorisation de l’alternance, information plus complète sur les débouchés, possibilité de réorientation, etc.,

3. droit et obligation de formation pour tous les jeunes de 16 ans à 18 ans : grande nouveauté, dans le prolongement de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans, obligation de formation pouvant passer par la scolarité, l’alternance, la formation professionnelle, l’accès à l’emploi ; suppression de l’année de carence qui interrompt le suivi des jeunes entre le système éducatif et les missions locales, retardant ainsi leur prise en charge et le règlement de leurs difficultés,

4. généralisation de plateforme « anti-décrochages » dans toutes les régions, après un an d’expérimentations (amorcées dans 11 régions), avec information partagée entre éducation, missions locales, organismes de formation professionnelle, propositions de formations à tous les jeunes concernés par le décrochage. Logique de prévention du décrochage et de raccrochage (30 millions d’euros y seront consacrés),

5. renforcement du cahier des charges des missions locales, donnant lieu à un renforcement de leurs moyens  (40 millions d’euros),

6. Pour les jeunes sans qualification, renforcement du programme CIVIS (80 millions d’euros supplémentaires), en augmentant le nombre de jeunes pouvant bénéficier de CIVIS et le montant de l’aide de CIVIS (aujourd’hui plafonnée à 900 euros par an) avec un soutien particulier au permis de conduire, pouvant être conditionné à une activité d’intérêt général,

7. Pour les jeunes en alternance, et notamment les apprentis, accès aux mêmes droits que les étudiants (restaurant universitaires, tarifs étudiants),

8. pour les étudiants, allongement à 10 mois de l’année universitaire et allongement de la durée des bourses, dès lors que la scolarité sur 10 mois est effective (coût pouvant à terme représenter 150 Meuros, si toutes les universités passent toutes leurs formation à 10 mois, ce qui concerne aujourd’hui environ 10 % des étudiants) ,

9. pour les jeunes qui travaillent, accès au RSA, à condition qu’ils aient travaillé l’équivalent de deux ans dans une période de 3 ans, soit deux ans à plein temps ou 3 ans à trois quart temps ; permet ainsi aux jeunes de bénéficier du complément de revenu, quand ils travaillent ou d’avoir un soutien quand ils ont épuisé tous les droits à assurance chômage (coût en année pleine après montée en charge complète de 250 millions d’euros),

10. pour les jeunes qui n’ont pas de complémentaire santé (15 % des jeunes), doublement de l’aide à l’acquisition d’une couverture complémentaire (coût 30 millions d’euros),

11. création d’un service civique pour 10 000 jeunes en 2010 avec l’objectif de pouvoir y intégrer à terme 10 % d’une classe d’âge pour en faire un rendez-vous générationnel ; activités d’intérêt général ; partenariat avec associations, collectivités territoriales, fondations autour de grandes causes et d grands chantiers nationaux (coût 40 millions d’euros) ; prise en compte du service civique dans les études,

12. abaissement de la « majorité associative » à 16 ans pour permettre aux jeunes d’administrer une association,

13. expérimentation avec 20 000 jeunes de trois dispositifs particuliers : soutien financier pour les jeunes de moins de 18 ans qui raccrochent après un décrochage ; revenu contractualisé d’autonomie, dotation d’autonomie, pour tester les formules qui augmentent le plus le taux de qualification et l’insertion dans l’emploi,

14. application de la garantie du risque locatif aux jeunes remplissant certaines conditions,

15. mise en place d’un système de pré-recrutement permettant à un employeur de lier le financement de la formation d’un jeune à un engagement de travailler pour lui pendant une durée proportionnelle à la durée et au coût de la formation.


Toutes ces mesures reposent sur les incitations à la formation, la guerre au décrochage, avant 18 ans et après 18 ans, une meilleure coordination des acteurs autour du jeune, une valorisation du travail qui conditionne les soutiens supplémentaires, une conception de l’autonomie qui repose sur l’accès à un plus haut niveau de qualification ou un meilleur accès à l’emploi, une reconnaissance de la diversité des parcours, une valorisation de l’engagement civique.



Une stratégie ambitieuse et réaliste

1. Différentes réformes importantes seront conduites en parallèle, en cohérence avec la réforme du lycée,

2. ces changements seront accomplis dans la durée,

3. le coût total s’élève à 500 millions d’euros, auxquels s’ajoutera l’allongement des bourses qui n’interviendra qu’après vérification que l’année universitaire comporte bien 10 mois effectifs d’études ; en 2010, le FISO d’un côté, le fonds national pour les solidarités actives, financeront une grande partie de ses dépenses nouvelles,

4. certaines mesures sont d’abord expérimentées et seront évaluées avant de passer, le cas échéant à leur généralisation.


Ces mesures montrent une grande attention, une grande considération portée à la jeunesse. Elles répondent parfois à des demandes exprimées depuis des années qui n’ont jamais été traitées en profondeur. Elles reposent sur un équilibre entre des efforts demandés aux jeunes (de se former, de travailler, de s’engager) et une véritable valorisation de ces efforts.

Tous ceux qui ont élaboré ces mesures, qu’ils appartiennent aux organisations de jeunes, aux syndicats, aux organisations d’employeurs, ou qu’ils soient élus, ont considéré que si elles étaient mises en œuvre, il s’agirait pour la première fois d’une stratégie d’ensemble pour la jeunesse, dont la France n’avait jamais voulu ou su doter jusqu’à présent.

 

 

Par Eric STRAUMANN - Publié dans : Actualité
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