Mercredi 12 septembre 2007
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Les hausses de prix sur plusieurs produits et services ont pu être constatées au cours des derniers mois, et la forte augmentation des cours mondiaux de
certaines matières premières agricoles suscite actuellement des inquiétudes, accréditant la perception en partie fondée d’un coût de la vie de plus en plus cher et d’un pouvoir d’achat en
berne.
Si la réalité demeure celle d’une hausse maîtrisée de l’ensemble des prix, le gouvernement prend ces perceptions de vie toujours plus chère très au sérieux et sera
extrêmement vigilant : préserver et améliorer le pouvoir d’achat des Français est au cœur de ses préoccupations. Une série de mesures, dont certaines ont déjà été dévoilées, auront pour
objectif de traduire concrètement la priorité donnée aux questions de pouvoir d’achat.
1) La perception par les ménages d’un renchérissement du coût de la vie n’est pas sans fondement
Des hausses significatives des prix de produits et services de consommation courante sont en effet intervenues au cours des 12 derniers mois.
Que disent les statistiques de l’INSEE ?
Ce reproche est peut-être sévère mais il traduit un vrai problème de perception. Ce sont les prix de biens et services que les ménages achètent au quotidien, comme les produits
frais, et/ou qui tiennent une place à part et souvent incompressible dans leur budget (le médecin, le loyer, la facture d’électricité) qui ont augmenté plus vite que l’indice global des prix.
Parfois, il s’agit de produits très symboliques tel le pain, qui malgré leur part congrue dans le budget des ménages, retiennent l’attention du public et des médias.
Ces hausses fortement visibles tendent à masquer la baisse, souvent spectaculaire pourtant, d’autres biens et services.
2) La réponse du gouvernement : vigilance sur les prix et soutien du pouvoir d’achat
Le gouvernement veillera à ce que les augmentations de prix ne soient pas « excessives ».
Le gouvernement agira pour limiter l’impact de toute augmentation de prix sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
Enfin, le rôle de facteurs internationaux dans le renchérissement de certaines denrées et produits (mauvaises récoltes céréalières au niveau mondial, tensions sur le marché du pétrole, hausse de
la demande des pays émergents, etc.) ne saurait justifier une quelconque inaction du gouvernement. Des mesures ont déjà été prises pour réduire les tensions sur les marchés agricoles avec la
remise en culture des surfaces en jachère qui sera annoncée lors du Conseil des ministres européens de l'agriculture du 26 septembre prochain.
Dans ce contexte, le gouvernement demeurera vigilant vis-à-vis de l’évolution des prix et du pouvoir d’achat :
- son objectif est d’une part de rendre du pouvoir d’achat aux ménages par des mesures telles que le crédit logement et la défiscalisation des heures supplémentaires. La 2ème des
grandes conférences sociales de l’automne (qui devrait avoir lieu le 23 octobre) aura pour thème « les salaires et le pouvoir d’achat ». Elle s’attachera à moderniser le mode de fixation du SMIC
et à engager une stratégie d’augmentation des revenus du travail. Pouvoir d’achat et concurrence figurent également sur la feuille de route de la Commission Attali.
- il s’agit d’autre part d’exploiter tous les gisements de pouvoir d’achat en instillant plus de concurrence dans notre économie et en combattant les comportements abusifs
pénalisant quotidiennement le consommateur. Le Président de la République a indiqué très clairement, dans son allocution prononcée le 30 août 2007 dans le cadre de l’Université d’été du Medef,
qu’il souhaitait aller au bout de la réforme de la loi « Galland » en permettant à la grande distribution de réinjecter toutes les marges arrière en réduction du seuil de revente à
perte. Le travail dominical fera aussi l’objet d’une réflexion sans tabou. Le gouvernement agira également avec rapidité et détermination dans d’autres domaines précis, comme les frais bancaires
en cas d’incidents de paiement ou le coût des « hotlines ». Sur ces différents aspects, une loi sur la concurrence et les droits du consommateur sera soumise au Parlement d’ici la
fin de l’année 2007 puis une loi de modernisation économique au cours du premier semestre 2008.
Il incitera fortement, par un dialogue suivi, les opérateurs économiques à maîtriser leurs prix. Ainsi, l’implication résolue du Ministre de l’éducation nationale, M. Xavier Darcos et de Luc
Chatel, a débouché sur l’engagement par les grandes enseignes de la distribution de vendre à prix coûtant et au même prix qu’à la rentrée 2006, une liste de 30 produits de fournitures
scolaires.et ne traduisent pas des comportements opportunistes d’augmentation de marges. Ainsi la Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi Mme Christine Lagarde et le Secrétaire d’Etat
chargé de la Consommation et du Tourisme, M. Luc Chatel ont demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de vérifier l’absence de
pratique concertée dans la répercussion sur le prix du pain des hausses de coûts de la farine, qui n’en constitue d’ailleurs qu’une part restreinte (5%). Le gouvernement veillera à ce que la
répercussion sur le prix des denrées alimentaires des hausses des prix mondiaux des matières premières (le blé, le lait, le cacao, etc.) soit modérée, mais aussi qu’elle s’applique non pas
seulement à la hausse, comme c’est trop souvent le cas, mais également à la baisse.-16.4% pour les ordinateurs sur les 12 derniers mois, -0.9% pour les communications téléphoniques, stabilité
pour les produits de l’habillement. Elles indiquent au contraire une stabilité d’ensemble des prix (+1,1% sur les 12 derniers mois pour l’indice des prix à la consommation) et prédisent une
progression significative du pouvoir d’achat en 2007 (+3.2%). Elles font dès lors l’objet d’une contestation croissante, il leur est en particulier reproché de ne pas refléter la réalité du
budget des ménages et de leurs dépenses au quotidien. (loyers, eau de ville…). Ces hausses de prix accréditent l’idée que le pouvoir d’achat des Français progresse peu voire régresse. Une enquête
de 60 millions de consommateurs publiée fin août 2007 semble corroborer cette perception : sur une progression du revenu mensuel moyen des ménages de 65 euros entre juin 2006 et juin 2007,
41 euros auraient tout simplement été absorbés par des hausses de prix (loyers, remboursement de logement, viande, services des médecins, etc.) pour ne laisser aux ménages qu’une progression
réelle de 24 euros.