Mardi 22 février 2011
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Le Président de la République a lancé le débat sur la réforme de la
dépendance, le 8 février 2011, devant le Conseil économique, social et environnemental.
Photo Florian Beaudenon
1. « Nous pouvons toujours attendre pour réformer, mais la démographie, elle, n’attendra
pas »
Ø L’allongement de la durée de la vie est l’un des plus grands progrès de notre époque : il y a 14 millions de
Français qui ont plus de 60 ans, dont 3,3 millions de plus de 80 ans, et 1,5 million de plus de 85 ans. Chaque année, 80 000 personnes supplémentaires dépassent les 80 ans et les plus de 85
ans seront plus de 2 millions en 2015.
Ø Si la grande majorité de nos aînés vieillissent en bonne santé, plus d’1 million d’entre eux sont déjà dépendants ou
en situation de perte d’autonomie. La seule maladie d’Alzheimer touche plus de 800 000 personnes auxquelles la majorité a consacré 1,5 milliards d’euros dans le cadre du plan Alzheimer
2008-2012. D’ici à 2040, le nombre de personnes dépendantes devrait augmenter de 30 à 50 %, sur la même période, la population totale progressera de 13%.
Ø En 2011, 25 milliards seront mobilisés pour la dépendance. C’est plus d’1 point de PIB. C’est 3 milliards de plus
qu’en 2010 ! En 2010, l’Etat et l’assurance maladie avaient supporté la plus grande part de la dépense avec 17 Mds€, le reste - 5 Mds€- étant à la charge des conseils généraux. Cet effort permet
notamment à 1 150 000 personnes de bénéficier de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et à 657 000 personnes de résider en structures spécialisées.
2. Devant l’ampleur de ce défi, notre système de prise en charge de la dépendance n’est plus adapté et « notre
société a déjà pris du retard »
Ø Le coût de la dépendance devient difficilement soutenable pour les familles qui y consacrent environ 7 Mds€/an. Le
coût mensuel d’une maison de retraite (2200€ environ) est 2 fois plus élevé que la retraite moyenne d’un salarié ! Seules 20% des familles sont en mesure de payer l'hébergement en maison de
retraite de leur parent dépendant.
Ø De nombreux Départements peinent à financer l’APA, dépense qui avait été instaurée à crédit par le gouvernement
Jospin en 2001. Notamment les départements ruraux dont les recettes fiscales sont souvent trop faibles au regard de l’augmentation de leur population âgée. Mais l’Etat ne peut aller au-delà des
efforts considérables déjà consentis, dans un contexte de maîtrise des déficits publics.
Ø La problématique n’est évidement pas que comptable et financière : nous devons aussi faire mieux en ce qui
concerne le taux d’encadrement (0,5 personnes par senior, alors qu’il faudrait tendre vers 0,8), et la place disponible dans chaque chambre (18m² en France contre 30 à 40 m² en Suède ou au
Danemark…)
3. Nous allons devoir respecter des principes fondamentaux d’humanisme : « ce qui est en jeu, c’est l’idée
que nous nous faisons de notre société, de notre civilisation »
Ø La dépendance de nos aînés, c’est un enjeu humain qui peut toucher chaque famille demain, « c’est de chacun de
nous dont il s’agit ». Nous avons un devoir de maintenir le lien intergénérationnel et d’aider nos aînés les plus fragiles et leurs familles à affronter le défi de la dépendance. Cela nous
oblige à réfléchir à la place de nos aînés dans la société mais aussi à celle des aidants.
Ø Cet enjeu « civilisationnel » implique de respecter plusieurs principes :
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« La personne âgée dépendante doit pouvoir rester le plus longtemps possible dans son environnement familier ».
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Il ne s’agit pas de « cacher le grand âge » mais « de le réinsérer dans la vie sociale et de le voir comme
un enrichissement. »
- « La société est là pour accompagner les familles, les soutenir, les aider, les
soulager, mais la société n’est pas là pour les remplacer. »
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La protection devra être « universelle », aucune personne âgée, quels que soit son âge, son état de santé ou son
niveau de revenu, ne devra échapper au filet de protection de cette réforme.
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Les partenaires sociaux et les départements seront associés au « pilotage, la surveillance et le contrôle du système
de prise en charge de la dépendance. »
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Il faut assumer que nous allons inévitablement « dépenser plus ». Mais le financement durable de la réforme doit
être assuré : il n’est pas question de financer nos dépenses de protection sociale par la dette. Ce serait faire payer à nos enfants une facture insupportable.
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La qualité des services et des établissements doit être garantie.
4. Ce grand débat national durera 6 mois et permettra d’étudier tous les scénarios
Ø 4 groupes de travail thématiques (société et vieillissement ; enjeux démographiques et financiers ; accueil
et accompagnement des personnes âgées ; stratégie pour la couverture de la dépendance) vont se réunir jusqu’en juillet autour des experts et partenaires concernés, élus, partenaires sociaux,
associations, professionnels, usagers… Des débats seront organisés dans chaque région à partir du mois d’avril par les préfets et les Agences régionales de santé.
Ø A ce jour, il y a 3 pistes, qu’il faut étudier sans tabou, car il ne faut « écarter d’emblée aucune solution, y
compris celle de l’assurance, pour des a priori idéologiques. L’idéologie n’a rien à faire dans une affaire de cette humanité » :
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Créer une assurance obligatoire dès 50 ans contre la perte d’autonomie. Près de 5 millions de personnes ont déjà librement
souscrit une assurance dépendance dans le cadre d’une mutuelle ou d’une association.
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Relever la CSG. Cela pourrait être un relèvement global de la CSG, ou un relèvement concernant les seul taux réduits de
CSG.
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Instaurer un appel sur succession : l’Etat avance des prestations pour les personnes dépendantes, qu’il récupère en
prélevant une partie du patrimoine lors de la succession de la personne âgée décédée.
5. Le « débat qui s’ouvre doit tout entier être consacré à la recherche d’un large
consensus »
Ø Un tel débat ne doit pas être l’occasion de calculs politiciens. Dans ce cadre, certaines attaques du PS sont
parfaitement déplacées : le PS prétend que c’est la droite qui a donné des compétences aux départements sans leur donner les financements nécessaires. C’est faux car c’est Lionel Jospin qui
n’avait pas prévu le financement de l’APA en la créant. L’Etat a même créé pour 2011 un fonds d’urgence de 150 M€ afin d’aider les Départements les plus en difficulté.
Ø Le PS fait un procès d’intention quand nous évoquons l’hypothèse d’une assurance contre la dépendance et prétend que
nous privilégierons ceux qui auront les moyens de souscrire une telle assurance. C’est faux, car nous mettons toutes les hypothèses sur la table pour trouver des solutions justes et
efficaces.
Ø Le PS ne doit pas faire comme lors de la réforme des retraites. Pour la prise en charge de la dépendance, il se doit
d’être au rendez-vous du courage. De son côté, la majorité a déjà fait le choix de la responsabilité : nous avons préservé l’avenir de nos enfants en sauvant les retraites, il faut désormais
aider nos aînés à préparer leur vieillissement. Ce débat sur la dépendance doit être saisi comme une opportunité pour renforcer notre cohésion nationale et non pas comme une angoisse qui
doit nous paralyser collectivement.