Le député de la 1ère circonscription de Colmar, Éric STRAUMANN, a rendu visite aux troupes du
152ème RI de Colmar, actuellement en mission extérieure dans le sud du Liban. Les Diables rouges portent le casque bleu depuis maintenant trois mois et achèveront leur mandat pour la FINUL fin
mai. Spécialisé dans les actions militaires de choc, le 152ème RI joue au Liban un rôle de modérateur, entre contrôle et action auprès de la population.
Visite : la vie en bleu des Diables rouges
Le député Éric Straumann a effectué une visite aux troupes du 152ème régiment d’infanterie, actuellement en opération au sud Liban dans le cadre de la Finul. L’occasion d’un
point sur leur action dans une région à l’équilibre fragile.
Deux jours de déplacement en terre libanaise, c’est ce que vient d’achever le député de la 1ère
circonscription de Colmar, Éric Straumann, répondant ainsi à l’invitation du 152ème régiment d’infanterie de le rejoindre près de la frontière israélienne (N.D.L.R. : l’invitation a été
lancée également au maire de Colmar, qui n’a pas trouvé de créneau dans son emploi du temps pour se joindre au voyage). « Le 152ème RI est un régiment mythique qui fait partie de notre
environnement. Il m’a semblé normal d’aller voir les soldats sur le terrain », a expliqué Éric Straumann au terme de ce court, mais dense voyage. Un geste auquel sont sensibles les
soldats en opération extérieure : « C’est une marque d’attention qui nous touche », a précisé le colonel Couëtoux, chef de corps du 152ème RI, au nom de ses hommes.
Malgré ce que pourraient laisser croire les visites récentes des présidents de l’Assemblée nationale et du
Sénat, précédant celle d’Hervé Morin, le ministre de la Défense (le 15 mai prochain), les visites de civils sur le théâtre des opérations ne sont pas si fréquentes. C’était d’ailleurs, pour
les militaires du 152ème RI, la première visite d’un élu de leur secteur durant une opération extérieure.
Le régiment colmarien entame la dernière phase de sa présence au Liban et rejoindra ses pénates colmariens
dans un mois, après quatre mois de mission et de commandement du Groupement tactique interarmes (GTIA). En d’autres termes, le 152ème RI commande le bataillon français depuis trois mois,
bataillon placé sous le haut-commandement italien de l’état-major du secteur ouest. Le 152ème RI sera relayé dans quelques semaines par le 1er régiment de tirailleurs d’Épinal.
Sa mission se place sous un mandat de l’Onu très particulier : au lieu de la simple force « tampon » entre
deux adversaires armés (rôle des anciens « casques bleus »), les troupes de la Finul (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) peuvent désormais riposter et se charger également d’une
collaboration avec les populations civiles.


Pas une mission très militaire
Cette coopération « civilo-militaire » est un volet non-négligeable de leur présence sur le territoire
sud-libanais : elle comprend la participation à des kermesses, des concerts, l’apport de matériel type groupes électrogènes ou purificateurs d’eau, une aide médicale à la population, etc. «
Souvent nous sommes la seule présence médicale de la ville », précise le colonel Couëtoux. Les contacts avec les autorités civiles sont quasi-quotidiens : « Ce n’est pas une
mission très militaire », ajoute-t-il, « nous devons gérer des équilibres délicats. Nous avons le devoir de nous adapter en veillant à ne pas initier une escalade de la violence
».
Ce qui, concrètement, signifie que la présence militaire, si pacifique
soit-elle, peut, aux yeux de certains, apparaître comme une provocation en elle-même. La prise de photographies dans certains villages ou l’utilisation de jumelles peuvent heurter la
population dans cette zone dominée par le Hezbollah (N.D.L.R. : le Hezbollah, « Parti de Dieu », fondé en juin 1982, est un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée
créée en réaction à l’invasion israélienne au Liban en 1982).
Les militaires doivent apprendre à gérer la situation calmement, avec diplomatie, tout en restant en alerte
: ainsi, des patrouilles de surveillance du territoire sont organisées sans discontinuer 24 heures sur 24, à pied ou en véhicule. « Il faut montrer que les forces
françaises sont présentes au quotidien : nous surveillons aussi qu’il n’y ait pas
d’activité anormale lors des patrouilles », e xplique le sergent-chef Vince, qui commandait la patrouille lundi soir de 21 h 30 à 0 h 30. La force de dissuasion
m êlée à une diplomatie constante, un jonglage périlleux dans lequel les soldats du 152ème RI semblent trouver humainement leur compte.
Déminage
Plusieurs milliers de sous-munitions et mines antipersonnel israéliennes
ont été neutralisées par les soldats du Génie depuis 2006, dans des zones à accès exclusivement militaires, mais également civiles comme dans le Wadi Al Saluqi, théâtre des affrontements de
2006. Les soldats du génie déminent surtout des itinéraires qui mènent à la frontière et permettent ainsi la pose des barils bleus, repères physiques de cette frontière.
Sous mandat de l'ONU
Le voyage dépaysant du député l'a mené au coeur du dispositif français de la Finul renforcée : la zone
contrôlée par les forces françaises s'étend sur 150 km² depuis les rives du Litani jusqu'à Israël et comprend 10 km de frontière entre le Liban et Israël. Une petite zone, pourtant
particulièrement sensible où la résistance chiite (87 % de la population) reste très forte : en été 2006, les Israéliens ont tenté une percée en territoire libanais. Ils ont perdu 100 chars
dans la bataille. La résolution la plus récente, 1701, votée au lendemain de l'été 2006, a prolongé la mission préalable de la Finul et accentué son champ d'action : les "casques bleus" ont
désormais le droit de recourir à la force afin de se défendre et de faire respecter la résolution.
L'Alsace du 29 avril 2009 - Isabelle Glorifet
Les casques bleus français au Liban Sud
Éric Straumann (UMP), député de la 1ère circonscription du Haut-Rhin, a rendu visite durant deux
jours au détachement français et notamment aux Diables rouges qui vont bientôt terminer leur mission de quatre mois. «Je peux ainsi avoir une meilleure compréhension de la nature de leurs
activités», note le parlementaire qui relève «l'état d'esprit très positif» des soldats. Il estime que la Finul expose les artificiers démineurs à un risque qui pourrait être
évité. «Si d'après les informations que m'ont donné les officiers, on ne peut déminer sur de tels terrains avec des véhicules anti mines, il est dommage que l'on ne puisse pas passer par
le territoire israélien pour délimiter cette ligne bleue et poser les bornes». C'est une commission tripartite, composée d'un officier libanais, d'un officier israélien et d'un géomètre
onusien, qui se charge de valider ces emplacements une fois le terrain dépollué. Mais passer par Israël permettrait d'éviter d'exposer inutilement la vie des soldats français. Éric Straumann
posera une question écrite en ce sens au ministre des Affaires étrangères.
L'arsenal du Hezbollah
La Syrie et l'Iran tentent-ils de transférer des missiles Scud au Hezbollah ? C'est la thèse du secrétaire
américain à la Défense Robert Gates pour qui l'arsenal du Parti de Dieu représente une réelle menace : «Le Hezbollah a beaucoup plus de roquettes et de missiles que la plupart des
gouvernements dans le monde, c'est déstabilisateur pour toute la région». Réponse du député du Hezbollah Hassan Fadlallah : «Notre choix est toujours d'obtenir le plus d'armes
possibles pour la résistance. (..) Il y a une différence entre les armes qui ne servent qu'à l'invasion, à l'occupation et à l'agression, telles que celles des États-Unis et de son allié Israël
et les armes de la résistance, qui défendent, protègent et libèrent».
450 Diables rouges
La force intérimaire des Nations-Unies au Liban a été créée en mars 1978. Le 11 août 2006, une Finul-2 aux
prérogatives renforcées est établie selon la résolution 1701. La Finul compte un peu plus de 12 000 militaires de 31 nationalités différentes. La contribution française est d'environ 1 400
soldats. Depuis février, c'est la 7, brigade blindée de Besançon qui arme le bataillon français aux ordres du chef de corps du 152ème régiment d'infanterie de Colmar, le colonel Couëtoux. Les
Diables rouges sont au nombre de 450.
Sur le fil du rasoir
Il est un peu plus de 23h, le sergent-chef Vince et son équipe s'apprêtent à quitter «2-45», nom de code
donné au PC français proche du hameau de At Tiri, perché sur un plateau à plus de 700 m d'altitude. Douze soldats prennent place dans un véhicule blindé, un camion et une P4 puis partent vers
le nord de la zone de responsabilité du bataillon français, armé, depuis février, par le 152ème régiment d'infanterie de Colmar.
«Nous sommes au cœur de l'Orient
subtil»
Les Diables rouges ont un itinéraire imposé par la hiérarchie. Ils vont notamment s'engouffrer dans le
désormais célèbre wadi As-Saluqi, étroite vallée où, durant la guerre de 33 jours qui a opposé en 2006 l'armée israélienne aux combattants du Hezbollah, ces derniers ont neutralisé plusieurs
blindés Merkava par des tirs de missiles et de roquettes antichars.
Déjà en mission au Liban sud en 2007, le sergent-chef Vince n'est donc pas en terrain inconnu. Il estime que
l'animosité de certains extrémistes proches de la milice chiite dirigée par Hassan Mas‑rallah est moins affirmée. Elle existe pourtant. En témoigne ce grave incident qui s'est déroulé le 4 mars
dans le village d'As Suwwanah, place forte du Parti de Dieu. La découverte d'armement a tourné à l'émeute, près de vingt fantassins ont été touchés, quatre blessés, par des jets de pierre et
des coups de bâton. «Nous sommes au coeur de l'Orient subtil», résume le colonel Couétoux, chef de corps du 15-2 et patron du bataillon français.
«Ce théâtre est d'une extrême complexité et clairement, on peut dire qu'il y a une grosse composante
diplomatique dans notre mission et l'on doit gérer en permanence des équilibres très délicats. On ne doit pas initier une escalade de la violence». Ce qui peut avoir un côté frustrant.
«Malgré la provocation d'une minorité, par des gestes agressifs ou des jets de pierre, on doit rester maître de notre force ce qui n'est pas toujours aisé», reconnaît
l'officier.
Disposées entre le fleuve Litâni au nord et la frontière avec Israël au sud, les troupes de la Finul (force
intérimaire des Nations-Unies) doivent empêcher tout franchissement de la frontière avec Israël, toute circulation de groupes armés dans leur zone de compétence. Ils sont là aussi pour appuyer
le redéploiement des forces armées libanaises (PAL) dans le sud du pays. Et puis ils multiplient les actions humanitaires auprès d'une population qui a toujours été laissée pour-compte par
Beyrouth.
«Aucun intérêt à s'engager dans une nouvelle
guerre»
Si, selon le colonel Couétoux, une reprise des hostilités entre les belligérants n'est pas envisageable, la
situation demeure fragile. Les forces israéliennes continuent de violer la souveraineté libanaise et donc la résolution de l'ONU avec des intrusions quotidiennes dans l'espace aérien du Liban.
Quant au Hezbollah, il a rétabli son arsenal et ses capacités militaires. «Mais on a le sentiment qu'aucun des acteurs n'aurait intérêt à s'engager dans une nouvelle guerre». Ce statu
quo permet en tout cas de reconstruire un sud qui ne porte quasiment plus les stigmates de la guerre de 2006.
Pièges mortels le long de la "Blue Line"
Les sapeurs du détachement français luttent chaque jour contre un ennemi sournois : les mines antipersonnel qui truffent la zone proche de la frontière avec Israël. Un travail qui demande une extrême rigueur et beaucoup de
sang-froid.
La piste qui mène à la zone où opère la vingtaine de sapeurs du 19ème régiment du génie (RG) de Besançon
chemine à travers un paysage de rocaille et de buissons. Le soleil est lourd et le vent absent. Seule une grande tente kaki permet aux soldats de se protéger de la chaleur.
«Apprendre à gérer son stress »
Nous sommes à quelques kilomètres du bourg de Rumaysh, à proximité de la «blue Line», cette frontière de
quelque 130 km qui sépare l'état libanais d'Israël. L'équipe des démineurs français a pour mission de dépolluer une zone fortement minée afin de sécuriser le déplacement des soldats de la Finul
mais aussi celui des populations civiles. Ce travail d'orfèvre permet également de délimiter de façon officielle cette ligne bleue par la pose de barils (des bornes) de la même
couleur.
Les Bisontins viennent d'entamer la dépollution d'un couloir de 160 mètres de long sur deux de large. «En
un après-midi, nous avons dégagé 1,5 m²», explique le lieutenant Ciani. «On n'a pas trouvé de mines, juste des déchets métalliques». En moyenne, les sapeurs avancent à petits pas, 8 à 10 m²
par jour. Le terrain est extrêmement difficile à travailler.
En pente, accidenté, il est truffé d'arbustes et de buissons qu'il faut tailler avant de pouvoir démarrer la
dépollution. «Les gars bossent souvent à plat ventre, dans le sens de la pente», témoigne le capitaine Cuvillier, officier EOD (explosive ordnance disposal).
L'homme est expérimenté, 29 ans de carrière et surtout beaucoup d'humilité. «Il n'y a pas de bon démineur,
que des vieux démineurs ! Il faut apprendre à gérer son stress, ne pas paniquer à la vue d'une munition, surtout si c'est la première».
Les démineurs, pour la plupart très jeunes, connaissent sur le bout des doigts les consignes de sécurité. Avant
de s'engager dans le couloir, ils revêtent un équipement de 25 kg, casque de protection avec système de ventilation et visière renforcée, gilet pare-éclats et pantalon. Pas de gants cependant,
pour garder une certaine sensibilité. Le sol est sondé puis creusé centimètre par centimètre afin de déceler ce qui peut être une mine antipersonnel de fabrication israélienne. «Elle peut
provoquer, après pression, l'amputation du membre», rappelle le capitaine Cuvillier. Le danger est bien réel. En novembre dernier, un adjudant du 13ème RG de Valdahon (Doubs) a perdu une
main et un œil par le déclenchement d'une telle mine.
Depuis 2006, plus de 400
victimes
«Nous devons garantir
qu'il n'y ait plus de mines et munitions entre 0 et 20 cm de profondeur», indique le lieutenant-colonel Michel du 3ème RG. Le couloir ainsi dépollué est matérialisé et permet de circuler
jusqu'à la «blue line». Dans cette zone, les mines ont été posées dans les années 90 par Tsahal qui occupait le Liban sud. Afin de faciliter le travail du bataillon français, l'armée
israélienne a fourni les plans de pose mais les coulées de boue hivernales peuvent déplacer les engins.
Selon les données de l'état-major des armées, il y aurait encore 400 000 mines et munitions non explosées
enfouies le long de cette frontière. Depuis 2006, ces engins ont fait plus de 400 victimes dont plus de 40 morts, civils et militaires.
DNA du 29 avril - Nicolas
Roquejeoffre
Diables rouges sur la "blue line"
Au Liban Sud depuis 3 mois, les soldats colmariens ont reçu la
visite du député Straumann. Le parlementaire s’est notamment rendu au poste « 6-50 », posé le long de la blue line, la frontière
libano-israélienne.
Jean-Baptiste Garrigou, ancien sergent du 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, aujourd'hui
lieutenant chez les Diables rouges, se tient au garde-à-vous à l'arrivée du député Éric Straumann, sur le poste isolé «6-50».Trente soldats vivent dans ce camp des Nations Unies réaménagés
après la guerre des 33 jours qui a opposé, à l'été2006, l'armée israélienne au Hezbollah. Cette section, commandée par le lieutenant Garrigou, appartient à la compagnie du capitaine Bedez qui
sert de guide au parlementaire.
«6-50» se trouve à moins d'une centaine de mètres d'un mirador de Tsahal, l'armée israélienne. Elle
patrouille quotidiennement le long de la «technical fense», cette barrière high-tech, truffée de détecteurs de mouvement et de caméras de surveillance, qui chemine le long de la frontière.
«Notre mission est de la surveiller. On voit régulièrement le passage de troupes israéliennes», indique le capitaine Bedez. «Il y a du lourd avec les chars Merkava et du plus léger avec des
hummers [4x4 blindés]. Ils passent vérifier l’état de cette technical fense ».
«Si on nous tire dessus, on répondra
»
De l'autre côté de cette barrière électrifiée, les chars Leclerc, eux aussi, circulent. Mais de façon
beaucoup plus ponctuelle depuis huit mois. «La population accepte de plus en plus difficilement les chenilles», explique le capitaine Bedez. Le quotidien des soldats du lieutenant Garrigou est
rythmé par des patrouilles dans leur zone de compétence de 30 km². lls doivent, conformément à la résolution 1701 des Nations-Unies, empêcher tout franchissement de la frontière avec Israël et
toute circulation de groupes armés. «Concrètement, que se passe-t-il si les Israéliens passent la frontière?», questionne le député Straumann.
«On bloque leur progression», répond le colonel Couëtoux, chef de corps du 152ème RI et patron du bataillon
français de la FINUL. «Dans un premier temps, on adopterait une attitude plus guerrière avec des tirs de semonce.» enchaîne le capitaine Bedez. «Mais la situation est
très calme actuellement. Personne n'a intérêt à s'engager dans un nouveau conflit malgré une surenchère quotidienne des partis en présence à travers des déclarations dans la presse, des
rumeurs... C'est le Levant», conclut le capitaine Bedez.
« Je suis frappé par la maturité des soldats...»
A un petit mois de leur retour en France, les Diables rouges ont apprécié la visite du député de la 1ère
circonscription. Voyage rapide mais qui a permis à l'élu de mieux se rendre compte du boulot des fantassins du 15-2. «Il était normal qu'un élu rende visite au régiment mythique de Colmar qui
fait partie de notre environnement», souligne le parlementaire qui relève l'état d'esprit très positif des militaires rencontrés. «Je suis frappé par la maturité des soldats qui, pour beaucoup,
n'ont pas 25 ans et savent, dans une mission très difficile, garder leur sang-froid».
«Au Liban, nous ne devons pas être les acteurs de l'escalade de la violence, ce qui n'est pas toujours
simple» admet le colonel Couëtoux. «Le risque n'est pas de tomber face à face avec un adversaire comme en Afghanistan. Il faut gérer en permanence des équilibres délicats». Ce qui, admet
l'officier, peut avoir un côté frustrant pour des soldats mais forge leur caractère.
La première pour un élu colmarien
Photo : le député Straumann avec le chef
de corps du 15-2 à Tyr, sur le site archéologique. (Photo DNA)
Pour la première fois, un élu de la région de Colmar rend visite aux troupes françaises déployées à
l’étranger. Cela fait pourtant presque dix ans que les Diables rouges sont envoyés sur tous les théâtres d’opérations extérieures.
Dès son arrivée au PC français, lundi, en fin d’après-midi, Eric Straumann a assisté au point de situation
quotidien qui rassemble une vingtaine d’officiers du bataillon français. En préambule, le colonel Couëtoux a noté que cette visite, « plus que symbolique, est une marque d’attention » à
laquelle les Diables rouges étaient « extrêmement sensibles ». Il l’a répété le soir même, en présence d’autres militaires du régiment colmarien, dont deux habitent dans le canton du conseiller
général. « Consacrer deux journées pour une seule activité, c’est assez rare pour un parlementaire », a relevé le chef de corps du 15-2. « Merci pour cet effort ».
Pour Eric Straumann, ce déplacement, « cette excursion », est une façon de rendre hommage au travail des soldats français qui opèrent sous casque bleu. « Il est toujours émouvant de voir le
drapeau tricolore à l’étranger ». Si le bataillon français a déjà accueilli depuis février les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, la venue d’Eric Straumann prend une dimension
toute particulière. C’est la première fois qu’un élu de la région colmarienne suit les Diables rouges en opération extérieure. Et pourtant, depuis la professionnalisation du régiment, terminée
en 2001, les Diables rouges sont chaque année projetés sur différents théâtres : Kosovo, Bosnie, Guyane, Sénégal, Côte d’Ivoire, Tchad, Liban…
La com, nerf de la guerre
L’actuel chef de corps, qui rend son commandement en juillet, n’a jamais caché son désir de mieux faire
connaître ce régiment qui fêtait l’an passé ses 90 ans de présence sur le sol colmarien. En deux ans, il a multiplié les manifestations pour « vendre » ses Diables rouges. Et l’invitation
d’Eric Straumann entrait dans ce plan de communication. Le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a également été sollicité. « Le colonel avait proposé des dates qui n’étaient pas compatibles avec mon
emploi du temps », explique ce dernier. « Mais j’avais promis au colonel de leur faire une visite au Liban. C’est le premier chef de corps du 15-2 qui m’a fait une telle proposition ». En
revanche, ajoute Gilbert Meyer, « je suis déjà parti au Tchad pour rendre visite aux aviateurs de la BA 132 ».
Le maire de Colmar aura-t-il une session de rattrapage ? Le ministre de la Défense, Hervé Morin, doit se rendre au Liban le 15 mai. « Je vais le voir le 8 mai à Colmar ; j’en discuterai avec
lui », affirme le maire de Colmar. S’il ne suit pas le ministre dans ses pérégrinations levantines, il pourra toujours poser une option pour 2011. Cette fois, les Diables rouges partent dans le
district de Surobi, à l’est de Kaboul.
DNA du 30 avril 2010 - Nicolas Roquejeoffre